26.09.2025

Événement

Il y a 30 ans : Déclaration commune des architectes de la RDA et de l’Ordre fédéral des architectes

Virgil Abloh

miniform sont Viktoria Hohl

Dans le numéro de juillet 1990 du Baumeister, la rédaction a publié un extrait d’une déclaration commune des architectes d’Allemagne de l’Ouest et de l’Est :

“Le 28 mai 1990, la 57e Assemblée fédérale de l’Ordre s’est tenue à Berlin en présence d’architectes de la RDA. La déclaration adoptée demandait entre autres : – A propos de la réorganisation urbanistique sur le territoire de la RDA : l’objectif est de préserver le patrimoine architectural allemand, une condition essentielle pour que les citoyens s’identifient à leur patrie. (…)

L’urbanisme, le développement urbain et l’aménagement du paysage doivent donc être des objectifs prioritaires de la politique régionale. Le corps des architectes de la RDA … en assumera la responsabilité. Ce n’est que par ce biais que l’on pourra éviter une politique d’investissement désordonnée avec des dommages consécutifs économiques, sociaux et écologiques, comme cela n’a pu être évité en République fédérale d’Allemagne. (…)

L’architecture ne doit pas être décidée en fonction de critères de production. La production doit être subordonnée à la planification. Elle est l’instrument de la réalisation des idées. Cela exige une séparation de la planification et de la construction. (…)

En outre, la création d’ordres d’architectes au niveau des Länder, la promotion de mesures de création d’entreprises, la garantie de l’autorisation exclusive de présenter des projets de construction pour les architectes ont été demandées”.

Il est remarquable de voir avec quelle clairvoyance les architectes des deux parties du pays encore séparé soulignaient les dangers qui menaçaient les paysages urbains et ruraux préservés de l’Allemagne de l’Est en raison du changement de système. Mais cette déclaration laisse aussi transparaître une atmosphère de renouveau, une volonté de responsabilité qui unissait la profession par-delà la frontière encore existante.

C’est ainsi que mon beau-père, après avoir pris sa retraite du service d’urbanisme de Münster, s’est installé dans la ville de Brandebourg pour soutenir ses collègues locaux dans leur travail de reconstruction, dans le cadre de l’aide administrative. Il a pu constater à quel point il était difficile pour les nouveaux élus et les autorités communales de s’opposer à la pression des investisseurs ouest-allemands. C’est ainsi que de nombreuses erreurs, que l’on connaissait déjà par le passé, ont été répétées. Il aurait notamment voulu empêcher l’implantation dans le Brandebourg des innombrables centres commerciaux qui ont vu le jour en rase campagne et qui ont apporté l’étalement urbain et l’obsession de la voiture à grande échelle à l’Est. En vain – le désir de la population d’acheter des articles de consommation occidentaux était trop grand, le temps était trop long pour attendre la remise en état des centres-villes délabrés, les promesses des investisseurs et des promoteurs immobiliers étaient trop alléchantes.

En dépit de ces points noirs, il ne faut jamais oublier le travail herculéen accompli par la profession d’architecte sur le territoire de l’ancienne RDA après la chute du Mur. Un nombre énorme de bâtiments historiques ont été sauvés et rénovés. Une réparation urbaine prudente a permis à de nombreuses villes et villages des cinq “nouveaux” Länder de compter aujourd’hui parmi les plus beaux du pays – il suffit de penser à Görlitz ou Quedlinburg. Et le Brandebourg, malgré toutes les erreurs peut-être évitables qui ont été commises lors du réaménagement urbain d’après 1989, est lui aussi passé du statut de ville de province grise et à moitié délabrée à celui de centre populaire et attractif dans les environs de Berlin. (fap)

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