La transformation de l’ancien hôpital militaire français IGESA a permis de mettre à nu les structures brutes et de rendre ainsi l’histoire palpable. Boman Architectes a ainsi réalisé son ambition de relier le passé à l’avenir.
Boman architectes a transformé un hôpital militaire en Security Hub sur la base aérienne 217. Avec notamment une "chambre des secrets". Photo : © Antoine Séguin
De l'hôpital au hub
Boman Architectes est un bureau d’architecture basé à Paris, avec un autre siège à Nantes. Il a été fondé en 2017 par Claire Borgès-Maunoury et Laurent Lustigman. Depuis, l’agence réalise des projets de tailles très diverses.
Des petites installations sportives aux rénovations de bâtiments historiques, du réaménagement de sites industriels aux installations temporaires. Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient remporté le marché de l’adaptation de l’hôpital militaire.
Base aérienne 217 rénovée
Le site a servi de base aux architectes pour une transformation numérique. L’exigence de créer un centre dynamique pour les entreprises de Smart Specialization Strategies a débouché sur l’adaptation du bâtiment de la base aérienne 217, qui date de la deuxième moitié du 20e siècle et a été soigneusement rénové. L’hôpital militaire a ainsi été doté d’une isolation intérieure en laine de bois par Boman Architectes, afin de pouvoir conserver la façade d’origine.
Identité du lieu
Pour l’utilisation en tant que bureaux, de grandes fenêtres en verre blindé ont été installées, qui peuvent être ombragées à l’extérieur avec du tissu vert. À l’intérieur, peu d’interventions ont été effectuées. La structure en béton mise à nu a été laissée brute, tout comme les équipements techniques nécessaires au bâtiment.
La visibilité de l’infrastructure doit permettre de créer une ornementation spécifique au lieu. La structure même du bâtiment n’a été que très peu modifiée, l’objectif étant de conserver l’identité originelle du lieu.
Une flexibilité maximale dans la construction existante
La nouvelle entrée se trouve désormais dans la zone de l’escalier en colimaçon d’origine. De là, on accède aux deux étages de bureaux et à la salle de réunion du rez-de-chaussée. Cette dernière est séparée du hall d’entrée par une cloison en bois.
Les portes ont le même aspect de surface que le mur, qui semble ainsi monolithique. Pour plus de flexibilité, des rideaux acoustiques ont également été intégrés dans la salle de réunion. Ainsi, il est possible soit d’accueillir 100 personnes en même temps, soit de créer jusqu’à trois zones séparées.
"Chambre des secrets"
L’étage supérieur de l’ancien hôpital militaire abrite les bureaux sécurisés du centre. Il abrite également la “chambre des secrets”. Il s’agit d’une construction en bois recouverte de panneaux d’acier à l’extérieur et structurée par une trame en bois à l’intérieur. Le plafond intérieur est éclairé.
Le passé rencontre l'avenir
À l’extérieur, on voit clairement qu’il s’agit d’une addition au bâtiment historique. Elle symbolise la nouvelle fonction de l’hôpital militaire et son programme spatial tourné vers l’avenir. La “pièce des secrets” s’inspire des salles de lancement de fusées du 20e siècle. Ainsi, le site de la base aérienne 217 conserve une part de mystère et un air de top secret.
Le cabinet d’architectes Buchner Bründler a également traité l’existant avec précaution lors de la transformation de l’ancienne remise à Bâle.
