10.04.2025

Society

Hôtes de la ville : des fermiers de l’espace social et des hôtes inclusifs

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Qu’est-ce qu’un* hôte*de ville ? La publication gratuite “Stadtwirtte” de Michael Scheer donne des réponses et permet aux acteurs nationaux et internationaux de présenter leurs préoccupations et leurs projets. Les lecteurs* apprennent ainsi l’existence d’un chantier maraîcher à Brême, d’un journal de rue à Belgrade et des points de vue de Nina Hagen sur le droit à l’autodétermination des personnes atteintes de troubles psychiques. Une critique de livre.

Les hôtes de la ville. Des fermiers de l'espace social et des hôtes inclusifs. Michael Scheer / Société pour l'emploi inclusif, 2018.

Hôtes de la ville de Leipzig

Les hôtes de la ville ! Le livre, un collage artistique de Michael Scheer et de l’artiste conceptuelle Angela Ljiljanić, est un plaidoyer enflammé qui crie : “Plus de ça” ! Mais qu’est-ce qu’un* hôte* de la ville ?

Michael Scheer, directeur de la société pour l’emploi intégratif, en est lui-même un : il cultive des aliments biologiques sur un ancien chantier naval à Brême. Il y emploie, ainsi que dans le café attenant, des personnes handicapées physiques et mentales ; un service social honoré par la ville, qui cofinance également le jardin. En outre, le Gemüsewerft est un lieu pour des manifestations culturelles ouvertes.

On pourrait dire qu’un(e) agriculteur(trice) urbain(e) est une personne qui ramène la culture alimentaire dans la ville. Mais qui crée en même temps un espace de vie dans lequel beaucoup de choses sont possibles – la durabilité grâce à la “généralité” (Scheer) – et surtout la participation sociale.

Le livre “Stadtwirte” a été soutenu par Aktion Mensch, dans le but de diffuser ce type d’utilisation urbaine des terres. Le résultat n’est toutefois pas un manifeste, mais une collection sauvage d’histoires, de projets, de personnes et de pensées. Il n’y est que partiellement question de légumes frais – mais (presque) toujours de personnes et de leurs possibilités de s’engager de manière sensée. Les éditeurs* laissent les protagonistes raconter eux-mêmes leurs histoires, d’une part sous forme d’interviews et d’autre part en leur confiant la rédaction de chapitres. Ainsi, le livre lui-même devient une œuvre d’art qui vous fascine par son immédiateté.

Le premier arrêt du voyage, qui mène à 13 lieux dans six villes et quatre pays, est l'”Annalinde Leipzig”. Sous ce nom, Dominik Renner et Philipp Scharf cultivent des légumes frais bio en plein cœur de Leipzig. Ils approvisionnent ainsi la pizzeria Pekar, un établissement coopératif et artistique, dont les gérants* ont également la parole. On voit bien ici comment la culture et la production de légumes se complètent.

Les restaurateurs urbains à Brême

La visite se poursuit à Brême, où Scheer lui-même nous parle de son “Gemüsewerft”. Markus Freybler raconte dans l’interview comment il résiste à la concurrence industrielle avec sa bière artisanale “Hopfenfänger” et comment il s’engage socialement : Il se procure son houblon auprès du “Gemüsewerft” – une partie de ses bénéfices y est reversée.

Toujours à Brême, on se rend à un lieu de culture participative collectivement auto-construit dans une baie de la Weser : la “Komplette Palette” d’Immo Wischhusen, un hip-hopper allemand, est devenue, entre autres, un lieu pour les personnes en crise psychique. Elles peuvent y trouver des meubles en palette, mais aussi se reconstruire elles-mêmes.

Nina Hagen, qui se présente sans projet mais avec une attitude claire, défend dans un essai engagé le droit à l’autodétermination des personnes atteintes de troubles psychiques.

S’entraîner au changement de perspective

Après d’autres étapes en Suisse et à l’étranger, le saut à Belgrade impressionne. Dans le projet artistique et culturel du collectif KM8 dans le quartier défavorisé de Savamala, les jeunes ont la possibilité de participer à l’aménagement de leur ville. Juste à côté, Marko Tomašević présente le journal de rue Liceulice, qui fournit des emplois et des revenus aux personnes en difficulté sociale.

Les deux derniers chapitres sont consacrés aux deux meilleurs vendeurs* du magazine. L’attitude des éditeurs* y est tout à fait visible : Les deux jeunes gens parlent de leur travail, de leurs rêves et de leur satisfaction, sans que les lecteurs* ne se voient imposer des diagnostics sur leurs désavantages. Ce qui reste, c’est la hauteur des yeux.

Conclusion : ce n’est pas seulement un plaisir de lire les différentes contributions. Ce qui fascine dans ce pot-pourri d’interviews et d’histoires, c’est que la forme même transmet ce qui intéresse les éditeurs* : en changeant directement de locuteurs*, qui nous font participer de manière presque intime à leurs projets et préoccupations de cœur, les lecteurs s’entraînent à changer de perspective. Et n’est-ce pas là une aptitude fondamentale pour une cohabitation sociale ? Si l’on veut donc mesurer le succès de ce livre à la manière dont il transmet son propos, on ne peut que conclure : très réussi et une véritable valeur ajoutée.

Vous pouvez commander la publication gratuitement ici.

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