15.09.2025

Society

HOAI 2013 : des coupes dans les honoraires

Les plans d'accompagnement paysager pour les interventions dans le paysage ne sont souvent pas honorés de manière appropriée selon le HOAI 2013.

Moins au lieu de plus pour les honoraires des plans d’accompagnement paysager : suite à la nouvelle réglementation des honoraires pour les plans d’accompagnement paysager dans le cadre du HOAI 2013, les concepteurs voient souvent leurs honoraires diminuer de manière significative. Gesa Loschwitz a interrogé Peter Hermanns sur les problèmes liés à la réglementation des honoraires et sur la manière de les gérer en tant que personne concernée. Hermanns est partenaire du bureau Trüper Gondesen Partner Landschaftsarchitekten de Lübeck. Il est également responsable de la commission spécialisée dans l’aménagement du paysage au sein de l’AHO (Ausschuss der Verbände und Kammern der Ingenieure und Architekten für die Honorarordnung e.V.).

Peter Herrmanns. (Image : TGP)

Le HOAI 2013 contient pour la première fois une disposition relative aux honoraires pour les plans d’accompagnement paysager (PAP). Mais son application pose des problèmes. Pourquoi ?
Si la prescription d’honoraires est appliquée selon le HOAI 2013, il y a souvent des pertes d’honoraires par rapport à la procédure selon le HOAI 2009. En fait, il aurait été nécessaire dans le HOAI 2013 d’augmenter considérablement les honoraires pour le LBP par rapport au HOAI 2009.

Comment ce nouveau tableau d’honoraires du HOAI 2013 a-t-il vu le jour ?
Lors de l’amendement du HOAI, le besoin d’adaptation des honoraires pour le LBP a d’abord été déterminé par expertise et un tableau d’honoraires spécifique a été développé sur la base du calcul des honoraires selon les unités de facturation. Ensuite, le barème d’honoraires a dû être adapté à la détermination des honoraires en fonction de la surface en hectares. Les experts du ministère fédéral de l’économie et de l’énergie (BMWi) ne se sont toutefois penchés que très tardivement sur ce changement. Il y avait encore un grand besoin de discussion entre les experts, les représentants des clients et des contractants sur le facteur approprié pour le changement. Le projet de cabinet du 25 avril 2013 contenait alors, à la surprise générale, une version du barème d’honoraires qui différait d’un facteur 4 de la proposition de l’expert, laquelle se basait sur une conversion des unités de facturation en surface selon un facteur de 1:1 000. Les honoraires ont donc été réduits de 75 % dans le projet du cabinet.

Qu’est-ce que cela signifie dans la pratique ?
Le nouveau barème d’honoraires passe ainsi à côté de l’adaptation indiscutablement nécessaire des honoraires pour les EAI dans une mesure parfois drastique. Dans de nombreux cas, l’application de ce tableau d’honoraires entraîne même des pertes d’honoraires par rapport au HOAI 2009. D’autre part, pour certains projets, l’application du nouveau tableau d’honoraires entraînera des honoraires inappropriés et excessifs.

Afin de cerner précisément les problèmes, le BDLA vous a chargé d’une étude sur les honoraires pour le LBP. Quelle est votre conclusion ?
Dans de nombreux cas, des honoraires suffisants ne sont pas obtenus pour des délimitations de zones d’aménagement appropriées en fonction de faits pertinents pour l’aménagement. Compte tenu de la nécessité incontestée d’adapter les honoraires, cela signifie des pertes d’honoraires dépassant largement 40 à 60 pour cent. De cette manière, il est désormais impossible de déterminer des honoraires suffisants dans la plupart des cas.

Jusqu’à présent, la majeure partie des EIE concernant des projets de construction routière a été attribuée à la zone d’honoraires I (niveau normal), et là encore presque exclusivement au taux minimal. Les critères d’évaluation et les points d’appréciation pour la détermination de la zone d’honoraires et du taux d’honoraires ont manifestement été complètement ignorés.Il ressort clairement de la comparaison des honoraires que le tableau d’honoraires du LBP occupe une position particulière. Compte tenu des différents types de projets, il s’agit d’un “tableau à tout faire”. La nouvelle règle de détermination des honoraires n’en tient pas compte.

Les résultats détaillés de l’étude de Heike Aust et Peter Hermanns peuvent être téléchargés en format pdf sur le site du BDLA.

Selon vous, que faut-il changer et quand cela pourrait-il se faire ?
Une solution au problème n’est possible qu’au moyen d’un “amendement de réparation” du § 31 HOAI, qui n’est toutefois pas attendu à court terme.La commission spécialisée en aménagement du paysage de l’AHO est d’avis qu’il faudrait revenir au tableau d’honoraires du projet de l’expertise du BMWi. Contrairement à la réglementation actuelle, cela permettrait de tenir compte des plans d’accompagnement paysager pour les interventions non linéaires, par exemple en cas d’exploitation des sols et de constructions en dehors des zones urbaines. Dans la mesure où les frais de planification pour les interventions de grande longueur sont disproportionnés par rapport aux honoraires du LBP calculés selon cette méthode, une clause d’ouverture correspondante pourrait également permettre un accord libre sur les honoraires, par exemple pour les projets de construction de routes fédérales. Le législateur considère déjà aujourd’hui que des dispositions différentes sont possibles dans des domaines comparables. Ainsi, l’article 44, paragraphe 7, autorise, dans des cas exceptionnels comparables, une réduction des honoraires minimaux pour les ouvrages d’ingénierie.

Comment les entrepreneurs et les donneurs d’ordre pourraient-ils procéder dès maintenant ?
C’est certes déprimant, mais dans le “corset étroit” des dispositions actuelles du § 31 HOAI, on ne voit pas de solution conforme au HOAI. Dans l’optique d’une rémunération aussi satisfaisante que possible, le donneur d’ordre et l’entrepreneur devraient se mettre d’accord ensemble, individuellement ou par le biais de conventions des administrations respectives de la commande, sur une détermination appropriée des honoraires. Dans le cadre de la procédure d’adjudication, cela implique également des directives claires concernant la classification dans la zone d’honoraires respective et ses taux. Ceci peut être déterminé objectivement selon les critères d’évaluation et les points d’évaluation de l’article 31, paragraphes 3 et 4 du HOAI et n’est pas soumis à la classification concurrentielle des participants au marché. Même lors de la délimitation de la zone de planification en fonction des faits pertinents pour la planification, il sera important de garder un œil sur la suffisance afin de ne pas mettre en danger la qualité nécessaire de la prestation de services à cet égard.

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