13.01.2026

Hans Op de Beeck

Hans Op de Beeck au travail sur son installation "The Settlement".

Il invente et met en scène des espaces afin de remettre en question notre perception de l’architecture. Il remplace la réalité par la fiction et commente ainsi notre rapport à l’illusion. Il libère les constructions de leur fonction pour nous libérer du fonctionnement. L’artiste belge Hans Op de Beeck aborde le monde en l’inventant.

Hans Op de Beeck au travail sur son installation "The Settlement".
Installation "The Garret" (le grenier)
"My favorite five small buildings", une sculpture de 2008

Op de Beeck, né en 1969 à Turnhout dans le nord de la Belgique, vit et travaille aujourd’hui dans les environs de Bruxelles. De 1992 à 96, il a étudié les arts libéraux à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. Il a ensuite rejoint le Higher Institute for Fine Arts (HISK) d’Anvers, puis la Rijksakademie d’Amsterdam pour une année supplémentaire. En 2001, il a remporté le “Prix Jeune Peinture Belge” et a été invité à participer au “MoMA-P.S.1 Studio Program” à New York de 2002 à 2003.

On se laisse volontiers basculer hors du monde par quelqu’un comme lui. Il sait le faire, il le fait intelligemment et subtilement, en inventant des espaces, des espaces sans fonction. Et cette absence de fonction mise en scène met à son tour un terme à toute fonctionnalité en nous. Réinitialisation. Op de Beeck : “Cela ne m’intéresse pas de simuler la réalité, sinon j’aurais probablement fini au cinéma comme concepteur de décors. Je veux interpréter le monde en créant des environnements fictifs dans lesquels nous pouvons percevoir l’écho de la réalité. Je n’ai pas de modèles, comme des photos, dont je m’inspire. J’interroge mes souvenirs et mon imagination”. Les travaux de cet homme de 44 ans ne sont donc logiquement pas des ready-mades. Chaque détail, de l’arbre au nénuphar, est artificiel, fabriqué spécialement dans son atelier d’Anderlecht, près de Bruxelles.

Pour son œuvre sculpturale “My favorite five small buildings” (2008), Op de Beeck a inventé cinq bâtiments : des toilettes publiques, un kiosque, une tour de guet, un arrêt de bus et une station-service. Ces modèles en bois de petit format, tous plongés dans un gris abstrait, citent l’architecture utilitaire des années 1920 à 1960, qui, selon Op de Beeck, a été conçue exclusivement pour remplir une fonction précise : “Ils sont maladroits et inertes dans leur apparence, presque sculpturaux. Le design est maladroit, malhabile et même un peu absurde. Pourtant, ces constructions pragmatiques ont une forte influence sur le corps et l’esprit et sur la manière dont nous réagissons au bâtiment”. C’est aussi simple qu’efficace : un groupe de bâtiments fonctionnels rétrécis, juste assez petits pour rendre visible l’idée derrière la fonction.

Pour pouvoir réfléchir, l’abstrait doit devenir palpable et tangible. Et c’est précisément ce qu’Op de Beeck essaie de faire avec son art, qu’il dessine, réalise des films, écrive des histoires courtes, photographie, conçoive des sculptures, construise des installations ou mette en scène des espaces.

Ce n’est pas par la tête, ni par la rationalité qu’il veut atteindre son public, mais directement, par les sens : “Mes travaux se suffisent à eux-mêmes et s’intéressent en premier lieu à notre quotidien. Il ne s’agit pas pour moi de me servir de manière autoréférentielle de citations et de pensées d’autres artistes”. Pas d’art conceptuel ni de barrières pseudo-intellectuelles. Avec ses espaces, il crée des scènes ouvertes sur lesquelles nous pouvons entrer, en partie avec nos pieds, toujours avec nos pensées.

Vous en saurez plus à partir du 1er décembre dans le Baumeister 12/2014.

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