11.10.2025

Public

Grillage de protection

Photo : Norbert Tukaj.

Une fois de plus, c’est une femme qui a remporté le contrat pour le pavillon temporaire Serpentine à Londres. La Mexicaine Frida Escobedo a été la plus jeune et la deuxième femme architecte après Zaha Hadid à le construire cette année.

Le pavillon existe chaque année depuis 2000 et le critère de sélection est que les architectes n’ont pas encore construit en Grande-Bretagne. Néanmoins, ce sont longtemps les grands “Starchitects” qui ont reçu la commande, et ce n’est que ces dernières années que des noms moins connus en Angleterre ont fait leur apparition, comme Francis Kéré en 2017.

Frida Escobedo est née en 1979 à Mexico, elle a étudié à Mexico et à Harvard. Elle a fondé son bureau en 2006. Elle s’occupe de “La celosia” – qui signifie grille de fenêtre en espagnol et qui est aussi un élément de construction typiquement mexicain – depuis son dernier projet : une galerie, un appartement d’artiste et un atelier dans l’ancienne maison du peintre David Alfaro Siqueiros à Cuernavaca, une petite ville mexicaine. Apportée à l’origine par les Maures en Espagne, la grille en bois protège de l’éblouissement du soleil de midi et le laisse passer en le filtrant, de sorte que ses points lumineux se déplacent dans la pièce au cours de la journée. En outre, les grilles servent à la ventilation.


Serp_Iain Aitchison_3
Photo : Iain Aitchison.

Serp_Iain Aitchison_6
Photo : Iain Aitchison.

Pour sa conception du pavillon Serpentine, elle a détourné le thème de Celosia : elle a empilé des plaques de toit sombres en béton pour les murs perméables. “Les matériaux sont très simples”, explique Frida Escobedo. “C’est ce que nous faisons souvent : Nous nous y connaissons pour travailler de manière complexe avec des matériaux simples et des géométries simples. Les panneaux de béton sont tissés comme une tapisserie, dans un motif qui devient perméable lorsque la lumière le traverse”. Les simples plaques enfilées acquièrent ainsi leur propre poésie dans la répétition – vague, ligne, lumière et ombre se succèdent.

De l’extérieur, on ne voit pas grand-chose de plus qu’une grange translucide. La forme du pavillon se réfère à deux axes : le bâtiment de la galerie en face et, perpendiculairement, le méridien de Greenwich. “Le pavillon est conçu comme une sorte de boussole. On ne se localise pas seulement géographiquement, mais aussi dans un espace social élargi”, explique Escobedo.

La lumière, filtrée et réfléchie par les panneaux gris, paraît d’abord un peu sombre à l’intérieur. Les éléments brillants en deviennent d’autant plus importants : un plafond métallique bombé réfléchissant et l’étang peu profond : il n’y a pas beaucoup plus d’un centimètre d’eau dedans, mais c’est suffisant pour faire entrer le ciel dans le bâtiment. Lorsque l’architecte y pénètre sans chaussures, on ne peut s’empêcher de penser au Barcelona Pavilion de Mies van der Rohe et à son bassin.

Le pavillon Serpentine se trouve dans les Kensington Gardens jusqu’au 7 octobre. Par ailleurs, une demi-pyramide rouge flottante, le “Mastaba” de Christo, est actuellement visible dans ce parc. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet sur www.serpentinegalleries.org.

Scroll to Top