Le centre commercial Horton Plaza Mall à Downton San Diego était autrefois coloré et plein de vie. Il est toujours aussi coloré, mais on ne trouve plus de consommateurs. Un centre commercial en ruine. Le promoteur immobilier Stockdale veut désormais en faire un campus high-tech avec des éléments de divertissement. Une dernière visite dans un morceau d’histoire.
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Une descente pleine de défis
Toutes les photos : Alexander Gutzmer
C’est un choc en soi. On s’attend à une architecture de la joie hystérique, des couleurs criardes, des effets spatiaux survoltés, des adolescents qui hurlent. Et puis voilà : le “Horton Plaza Mall” au centre-ville de San Diego, une icône de l’architecture postmoderne, est abandonné et tombe en ruine. Horton Plaza était autrefois l’une des “œuvres majeures”, si l’on peut dire, de l’emblématique bureau d’études Jon Jerde. Le gigantesque complexe a ouvert ses portes en 1985 dans le centre-ville de San Diego, alors en pleine décadence. Le centre commercial extérieur de six pâtés de maisons et demi a marqué le début de la régénération du quartier. Aujourd’hui, le Gaslamp Quarter, qui s’étend au sud-est, est plein de vitalité et de fraîcheur. Ce n’est plus le cas du centre commercial légendaire de Jon Jerde.
Bien sûr, les modèles de consommation changent. Le type de construction et d’économie qu’est le “mall” a déjà connu des temps meilleurs. Et le côté labyrinthique des grands complexes comme Horton Plaza n’est plus aussi bien accepté par les acheteurs d’aujourd’hui. Les consommateurs veulent des cheminements efficaces et transparents. Et de toute façon, ils préfèrent commander en ligne, pour autant qu’ils soient jeunes, c’est bien connu. Et pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir de la mélancolie en parcourant ce matin les couloirs poussiéreux de ce centre commercial en ruine de cinq étages. Des fenêtres aveugles, des signatures qui tombent, des ascenseurs qui ne fonctionnent plus. Ce dernier point est d’autant plus problématique que le projet de Jerde, comme beaucoup de grandes architectures des années 1980, comporte des impasses et des cheminements irritants. Une fois arrivé au dernier étage, la descente représente un véritable défi.
Une grandeur ludique
Mais pour être honnête, ce genre de coins et de bords architecturaux me fascine. L’avenir du lieu devrait en revanche être lisse, peut-être plus facile à utiliser, mais définitivement moins ludique. Le promoteur immobilier Stockdale veut transformer l’ensemble en un campus high-tech avec des éléments de divertissement. Le bureau d’architectes Rios Clementi Hale de Los Angeles est déjà engagé. Les retards sont justement dus au fait que le géant du commerce Macy’s, qui exploite actuellement l’un des rares magasins encore ouverts, intente un procès contre la transformation. Mais cette protestation ne devrait pas avoir de succès à long terme. Le temple de la consommation délirant de Jarde sera bientôt de l’histoire ancienne.
Donc, si vous vous rendez prochainement en Californie, je vous recommande de faire un détour par le centre-ville de San Diego. Les piazzas pseudo-italiennes en ruine et les semblants de temples latino-américains donnent un aperçu de l’atmosphère d’une époque où l’architecture n’était pas toujours de bon goût, mais en tout cas portée par une grandeur ludique. Cet esprit, cette sérénité nous manquent parfois aujourd’hui.
