16.01.2026

Événement

Exposition au MoMa : racisme et urbanisme

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Que signifie être américain ?

L’exposition actuelle “Reconstructions : Architecture and Blackness in America” au MoMa discute du rôle de l’architecture américaine dans le racisme structurel. Les travaux sélectionnés dessinent des lieux de ségrégation spatiale en lieux de résistance. C’est le cas de la contribution de Walter Hood à l’exposition.

“Still no justice for Breonna Taylor” – le 13 mars 2020, la Noire américaine Breonna Taylor est morte de plusieurs balles tirées par la police dans son propre appartement à Louisville, Kentucky. Douze mois plus tard, les policiers* responsables n’avaient pas été jugés, malgré de multiples plaintes. Breonna Taylor, George Floyd, Ahmaud Arbery – ce sont les noms de trois Afro-Américains* qui ont perdu la vie l’année dernière lors d’interventions policières.

Aujourd’hui encore, le vaste mouvement “Black Lives Matter” réclame un traitement complet de leurs morts. Pour ce faire, ils utilisent les revendications ou hashtags “Still no justice for Breonna Taylor” ou encore “Say their names”. Alors que les protestations contre les violences policières à l’encontre des citoyens noirs ont été particulièrement bruyantes l’année dernière, notamment aux Etats-Unis, les manifestations BLM se sont calmées depuis. Mais le thème et les défis qui y sont liés sont loin d’être moins pertinents pour autant. C’est ce qu’illustre la nouvelle exposition “Reconstructions : Architecture and Blackness in America” au Museum of Modern Art de New York City.

L’exposition du MoMa, qui se tiendra jusqu’au 31 mai 2021, aborde les thèmes du racisme et de la discrimination des personnes de couleur et des communautés marginalisées dans l’architecture et l’urbanisme. Dix travaux discutent de la manière dont la couleur de peau et l’ethnicité, dans le sens d’une identité culturelle, façonnent les bâtiments, les quartiers, les villes et les paysages. Des architectes, des designers et des artistes sélectionnés les ont mis à la disposition du MoMa. Leurs contributions racontent l’histoire du racisme structurel qui a systématiquement poussé les citoyens noirs américains vers des lieux où la qualité de vie et d’habitation était médiocre. En même temps, les collages, les photographies, les installations, etc. montrent comment les communautés noires ont donné vie à leur environnement en dépit de l’adversité.

C’est dans ces lieux que se sont développés, entre autres, les courants artistiques et culturels américains du jazz, du blues, de la Harlem Renaissance et du hip-hop. Les concepteurs de l’exposition* les décrivent comme des lieux de résistance, d’oppression et de refus. En même temps, les travaux tentent de comprendre et de réparer ce que cela signifie d’être américain*. En regardant vers l’avenir, l’exposition du MoMa montre comment l’architecture et l’urbanisme peuvent empêcher la ségrégation spatiale tout en rendant possible des espaces urbains justes et inclusifs.

La responsabilité de l’individu

Aux États-Unis, le racisme structurel est fermement enraciné dans les processus décisionnels et les routines. Le racisme anti-noir se reflète dans l’espace bâti d’innombrables villes américaines. Leur urbanisme occulte souvent le sort des communautés noires.

Le programme en ligne “Reimagining Blackness and Architecture” accompagne parallèlement l’exposition du Museum of Modern Art. L’offre virtuelle propose des films originaux, des interviews audio et des lectures. Ils illustrent la manière dont l’ethnicité et l’exclusion ethnoculturelle marquent l’architecture et l’environnement bâti. Les cours numériques demandent et encouragent une réflexion créative sur son propre rôle dans la création de communautés ouvertes et diversifiées.

Également une contribution de Walter Hood

L’exposition présente des travaux d’Emanuel Admassu, Germane Barnes, Sekou Cooke, J. Yolande Daniels, Felecia Davis, Mario Gooden, Walter Hood, Olalekan Jeyifous, V. Mitch McEwen et Amanda Williams, ainsi que des photographies récentes de l’artiste David Hartt. Des vérandas de Miami aux autoroutes d’Oakland et de Syracuse, chaque projet propose une intervention dans dix villes américaines.

La contribution de Walter Hood à l'exposition:Black Towers/Black Power (PHOTO : Robert Gerhardt)

“Black Towers/Black Power” est le titre de la contribution de Walter Hood à l’exposition. Ce n’est pas une grande surprise que l’architecte et paysagiste participe également à l’exposition du MoMa. Depuis des décennies, il s’engage très consciemment pour des espaces favorisant la communauté, en mettant l’accent sur la communauté noire. Ainsi, le professeur d’architecture paysagère, de planification environnementale et d’urbanisme de l’université de Berkeley a notamment été l’architecte en chef de la remarquable transformation du “Curtis 50 Cent Jackson Community Garden”. Ce jardin urbain situé dans le quartier new-yorkais de “Jamaica Queens” porte le nom du musicien et rappeur américain 50 Cent. Il y a grandi et a été, avec sa fondation “G-Unit-Foundation”, l’un des initiateurs décisifs de la transformation du jardin en 2007.

Pour en savoir plus sur Walter Hood et savoir pourquoi, selon lui, l’architecture paysagère américaine manque d’empathie, consultez topos magazine.

“Reconstructions : Architecture and Blackness in America”

Période d’exposition : du 27 février au 31 mai 2021

Lieu : Museum of Modern Art (MoMa) à New York City

En ligne : Pour tout savoir sur le programme d’accompagnement en ligne “Reimagining Blackness and Architecture”, cliquez ici.

Toutefois, l’accès au MoMa n’est actuellement possible qu’avec un billet en prévente.

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