Depuis les années 1970 déjà, la ville de Munich discute de la meilleure façon de gérer les immeubles de grande hauteur. Une nouvelle étude sur les gratte-ciel propose désormais des bases d’évaluation actuelles qui tiennent également compte de thèmes tels que la durabilité et le climat. Pour en savoir plus sur l’étude munichoise sur les gratte-ciel 2023, cliquez ici.
La plupart des bâtiments de Munich sont nettement plus bas que 99 mètres - c'est la hauteur de la plus haute tour de l'église Liebfrauen. Source de l'image : Pixabay
Oui aux gratte-ciel, mais pas à n'importe quel prix
Des études sur le thème des gratte-ciel dans la ville de Munich ont déjà été réalisées en 1977 et 1995. Une nouvelle étude sur les gratte-ciel vient d’être publiée en tant que mise à jour des études existantes. Elle a pour but de clarifier la position de la capitale bavaroise en matière d’immeubles de grande hauteur et de créer des bases d’évaluation actuelles pour les projets de tours. L’étude a été précédée d’un vaste processus de discussion et de participation. De nouveaux thèmes tels que la durabilité et le climat ainsi que la prise en compte des axes visuels se retrouvent désormais dans l’étude.
Après avoir consulté les comités de quartier, la commission de planification du conseil municipal de Munich a décidé que les résultats de l’étude seraient utilisés à l’avenir dans les procédures de planification. L’objectif est de planifier les immeubles de grande hauteur dans la ville de manière à ce qu’ils offrent une plus-value à la société et à leur environnement. Une meilleure qualité doit ainsi être garantie très tôt dans le processus de planification.
En tant que base technique pour la procédure de planification des immeubles de grande hauteur et des bâtiments dépassant le gabarit, l’étude sur les immeubles de grande hauteur à Munich constitue un guide pour les planificateurs* et les investisseurs*. Elle explique le processus de planification et les exigences posées aux projets de construction. Il n’est certes pas possible d’en déduire un droit de construction, mais l’étude fournit des informations importantes au conseil municipal en complément de la procédure de plan d’urbanisme. Leur position est “oui aux immeubles de grande hauteur – mais pas à n’importe quel prix”.
La durabilité au premier plan
A l’avenir, les immeubles de grande hauteur ne seront construits à Munich que sur des sites appropriés. Il s’agit de répondre à des exigences élevées en matière de conception, d’écologie et de société afin de s’assurer que le bâtiment offre une valeur ajoutée. Dans la tradition de la “ligne munichoise”, l’étude sur les tours vise à trouver un équilibre entre la préservation du paysage urbain et la construction contemporaine. Des objectifs tels que la neutralité climatique, la durabilité et la flexibilité d’utilisation ainsi que le principe de la ville-éponge doivent être pris en compte.
L’étude sur les gratte-ciel à Munich se compose de plusieurs éléments :
- Des textes et des cartes de base expliquent les conditions générales pour la construction d’immeubles de grande hauteur.
- Un plan directeur spatial permet de situer les projets de tours dans le contexte de la ville.
- Un catalogue de critères de qualité constitue la référence pour les exigences particulières en matière de planification de tours et la valeur ajoutée qu’elles doivent apporter.
Le studio munichois Büro 03 Architekten a élaboré le projet de l’étude sur les tours 2023. Celui-ci a été présenté au conseil municipal dès 2020, puis discuté dans le cadre d’un vaste processus d’information et de participation. Une série de discussions publiques intitulée “Hoch hinaus ?” a également eu lieu sur ce thème. La durabilité des nouveaux projets de construction y a toujours été mise en avant. De plus, de nombreux citoyens* et spécialistes ont exprimé des inquiétudes quant aux relations visuelles dans la silhouette de la ville – jusqu’à aujourd’hui, la tour O2 à Munich-Moosach, le plus haut bâtiment de la ville avec ses 146 mètres, reste une épine dans le pied de beaucoup.
Munich reste stricte sur les gratte-ciel
Une évolution importante dans le cadre de l’étude sur les gratte-ciel à Munich réside dans le fait que le conseil municipal s’est prononcé contre les tours de bureaux. De plus, les directives pour toutes les futures constructions de plus de 80 mètres de haut sont très strictes. Depuis des décennies déjà, on discute à Munich de la hauteur que peuvent atteindre les bâtiments dans la ville. Le chiffre magique est de 100 mètres, car la plus haute des deux tours de l’église Frauenkirche de Munich mesure 99 mètres. Certes, il existe déjà des bâtiments qui dépassent la cathédrale, mais en principe, cela doit être évité.
L’étude sur les gratte-ciel de Munich 2023 ne prescrit pas exactement où il est possible de construire, mais indique plutôt des zones potentiellement appropriées. Elle distingue cinq hauteurs différentes, les “signes urbains”, visibles de loin, mesurant plus de 80 mètres. Ils doivent être placés là où il y a déjà d’autres immeubles de grande hauteur et où les axes de vue ne sont pas perturbés. Des logements abordables, la desserte par les transports en commun et la durabilité dans la construction sont des critères importants pour les nouveaux gratte-ciel.
Dans l’ensemble, l’étude montre que la capitale bavaroise est stricte en ce qui concerne la construction de tours. Les bâtiments trop hauts ne sont pas souhaités. Mais il faut tout de même trouver des solutions au manque de logements. Le conseil municipal a ici une responsabilité.
Le dernier gratte-ciel de Munich sera le Candid-Tor de MVRDV – il devrait atteindre 64 mètres de haut.
