24.12.2025

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Est-ce de l’or et si oui, de quel âge ?

Lumière, soleil, pureté et constance sont les attributs que l’on attribue depuis toujours à l’or, un métal précieux chargé de mythes. Aujourd’hui encore, ce sont surtout les objets artisanaux qui renseignent sur les pratiques sociales ou religieuses des hommes d’autrefois. C’est le cas de l’exposition “Javagold – Pracht und Schönheit Indonesiens” au musée Reiss-Engelhorn de Mannheim (jusqu’au 13 avril 2020). Elle met l’accent sur l’artisanat hindou et bouddhiste. Parmi les 400 pièces exposées datant du 7e au 15e siècle, la période dite classique javanaise, on trouve des diadèmes, des bagues, des bracelets et des colliers, mais aussi des figures de mandala et des représentations de la divinité éléphantine Ganesha. Outre leur fonction décorative, ces objets peuvent être attribués à différentes couches sociales, en premier lieu à des dynasties nobles de haut rang qui, dans le cadre d’une culture de cour prononcée, rivalisaient pour le pouvoir en construisant des temples et des palais.

Comme il n’y a guère de gisements d’or à Java et qu’il fallait l’acheminer par bateau depuis Sumatra, l’Inde ou la Chine en empruntant de longues voies commerciales, ce matériau travaillé à grands frais était particulièrement bien adapté pour souligner son propre statut et attiser la convoitise des concurrents moins bien lotis. Mais chacun des bijoux présentés, parfois les plus petits, vaut-il vraiment son apparence auratique ?

Le Centre Curt-Engelhorn d’archéométrie (CEZA) est rattaché aux musées Reiss-Engelhorn et s’occupe entre autres de l’étude scientifique d’objets en or archéologiques et historiques. Il s’est fait un nom en étudiant le disque céleste de Nebra et les trouvailles en or de Troie. Le portefeuille comprend les domaines de l’authenticité, de l’identification des matériaux, de l’origine, de la détermination de l’âge ainsi que de la bioarchéologie et de la recherche climatique. L’une ou l’autre de ces spécialités apparaît également à la fin de la visite, dans une salle spécialement aménagée pour regarder derrière les murs du laboratoire. Les objets en or javanais provenant d’une collection privée ont déjà subi une phase d’analyse de dix ans. Outre l’authenticité, il s’agissait également de déterminer la technique de fabrication, le type d’alliage métallique et l’origine.

L’éventail des méthodes utilisées allait de la microscopie numérique à la spectrométrie de masse (ICP-MS) avec ablation au laser, en passant par l’analyse par fluorescence des rayons X. Le soulagement a dû être de mise quant au résultat, car dès le début de l’exposition, des doutes sur la provenance ont été émis. Même si l’acquisition aux enchères n’a pas pu prouver entièrement la provenance sans faille, l’authenticité a au moins pu être étayée par la référence à l’intervention du CEZA.

Avec le développement de nouveaux procédés, l’institut de recherche fondé en 2004 se positionne résolument pour l’avenir. En effet, lors de la détermination de l’âge d’objets en or, les vérifications traditionnelles comme le procédé 14C se heurtent souvent à leurs limites, car les métaux ne contiennent pas de carbone. Il est toutefois utile de savoir que des oligo-éléments radioactifs sont absorbés lors de la formation de l’or. Leur désintégration libère de l’hélium qui s’accumule dans le réseau cristallin de l’or. Cette quantité d’hélium peut être déterminée quantitativement, ce qui aide à déterminer le moment où l’or a été fondu pour servir de base à un bijou. Le CEZA travaille actuellement à la mise au point d’un nouveau spectromètre de masse pour l’analyse de l’hélium, qui devrait permettre d’évaluer des échantillons même minuscules.

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