23.01.2026

Événement

Entretiens au coin du feu sur Gottfried Semper

Entretiens au coin du feu David Chipperfield - Baumeister Photo : Selina Ahmann

En décembre 2016 est parue l’édition du Baumeister organisée par David Chipperfield Architects Berlin et l’Institut des bâtiments publics de l’université de Stuttgart. Il était consacré à la forme architecturale, à sa genèse, à ses références. Une table ronde a été organisée à ce sujet dans les bureaux berlinois de DCA. Une autre manifestation a eu lieu le 24 janvier à l’université de Stuttgart, dans le cadre des “discussions au coin du feu”.

David Chipperfield - Gottfried Semper, Stuttgart Photo : Selina Ahmann
Entretiens au coin du feu David Chipperfield - Baumeister Photo : Selina Ahmann
Baumeister-Stuttgart-David Chipperfield Photo:Regina Schubert

Une conversation au coin du feu

Une soirée au coin du feu. Dans de lourds fauteuils, les questions intemporelles de l’architecture, basées sur la théorie du métabolisme de Gottfried Semper, sont discutées : Dans quelle mesure l’architecture est-elle porteuse de mémoire ? En quoi représente-t-elle le présent de l’époque où elle a été créée ? Quand renvoie-t-elle à l’avenir ? Et quel rôle joue notre connaissance de l’architecture dans le processus de conception contemporain ?

Alexander Schwarz, de l’Institut für Öffentliche Bauten und Entwerfen de l’université de Stuttgart et partenaire de David Chipperfield Architects, Klaus Jan Philipp, de l’Institut für Architekturgeschichte de l’université de Stuttgart, et Alexander Russ, rédacteur responsable de l’édition Gastkuratier du Baumeister, discuteront de ces questions.

La discussion sera animée par Hannah Jonas, responsable de la recherche à l’Institut für Öffentliche Bauten, qui a conçu avec Alexander Schwarz l’édition du Baumeister sous commissariat d’invité. Une invitée surprise se trouve également dans le public : Madame Karin Moelling, arrière-arrière-petite-fille de Gottfried Semper, est venue spontanément de Zurich pour pouvoir participer à la manifestation.

L’expérience de l’architecture comme base de la création

Faire appel à un bureau d’architectes pour le commissariat d’un numéro, c’est marquer une pause, tant pour la rédaction que pour les commissaires invités. Ce ne sont pas des architectures actuelles qui sont discutées dans le numéro, mais des images de celles qui existent déjà. Des images de ce dont nous nous souvenons. Des souvenirs que nous portons en nous en tant que concepteurs. C’est ainsi que le podium et le public discutent intensément de la mémoire des formes architecturales – en particulier dans le dialogue avec les étudiants qui sont à la recherche des formes du passé et de celles du futur.

L’architecture est une discipline lente. Les outils de conception, les matériaux de construction et, structurellement, les formes conçues aujourd’hui, sont restés inchangés depuis l’époque de Semper et bien au-delà. Certes, nous utilisons aujourd’hui des médias supplémentaires, mais l’architecture continue d’être vécue de la manière la plus intense et la plus directe : par l’expérience directe d’un bâtiment, par l’original lui-même.

La contemplation et l’intériorisation de ce qui a déjà été construit constituent la base de l’activité de l’architecte, telle est la thèse qui a été discutée. C’est la base sur laquelle il conçoit, la base sur laquelle il fait naître du nouveau. Ainsi, l’architecture ne résulte pas d’une copie de l’historique, mais d’un transfert de ce qui existe déjà vers ce qui est créé actuellement et à l’avenir. Un transfert de l’existant vers le non-existant, du savoir vers le non-savoir, vers ce que nous pensons et créons en tant qu’architectes, vers : le projet.

La conception entre réalité et imagination

La performance créative de l’architecte se compose donc de facteurs prétendument contradictoires : de ce qui existe et qui devient la base de notre pensée en tant que savoir immanent. Et de ce qui n’existe pas encore, de ce que nous imaginons, de ce qui ne peut être que pressenti comme idéal – de ce qui doit d’abord être conçu. Une architecture à la fois proche de ses influences et totalement autonome. Car, selon Gottfried Semper : “Seul le cours graduel des temps produit imperceptiblement, après de longues transitions, des résultats tout à fait dissemblables”.

(Gottfried Semper, Projet pour l’église Saint-Nicolas à Hambourg. Von dem Professor Semper in Dresden, in : Zeitschrift für Praktische Baukunst, hrsg. von Johann Andreas Romberg, vol. 6, 1846, colonnes 56-62, ici colonne 53). Voir aussi : Klaus Jan Philipp : “Keine falsche Naivetät affektieren” – Gottfried Semper Umgang mit den Stilen. Article dans le numéro 12/16 du Baumeister, p. 12-14

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