24.12.2025

Événement

Discussion : le monde du travail de demain

Les jeunes travaillent différemment des personnes plus âgées, les Allemands diffèrent des Français – telle était l’une des conclusions de la table ronde d’hier intitulée “Baumeister après 8”. Dans le bureau d’Auer Weber Architekten, le maître d’œuvre et son partenaire Steelcase avaient invité les participants à une soirée-débat détendue. On y a discuté de l’avenir du travail en général et du travail des architectes en particulier. Devant un auditoire d’environ 80 personnes, la chercheuse de Steelcase Catherine Gall et Philipp Auer ont remis en question les tendances actuelles de l’aménagement du territoire et les possibilités d’assurer la motivation et la communication par la conception. Et il y est beaucoup question de différences culturelles. “En France, on s’embrasse plus”, a déclaré Gall pour le plus grand plaisir du public. Les Japonais sont particulièrement doués pour recouvrir leurs postes de travail d’innombrables cartes postales et affiches en l’espace de quelques heures.

Un résultat qui ressort également des recherches menées par Steelcase : Alors que les travailleurs des années précédentes étaient plutôt des solitaires qui appréciaient un poste de travail clairement délimité, la génération X au plus tard est orientée vers le travail en équipe et intéressée par les hiérarchies plates. Elle peut bien travailler dans des postes de travail de groupe. Les plus jeunes, la génération Y, sont très flexibles et peuvent facilement se passer de leur propre bureau. Ils ne sont pas liés et aiment travailler dans différents lieux, même informels. Mais la question est la suivante : comment l’espace réagit-il à ces différents besoins et attitudes de travail ?

En tout cas avec des programmes d’aménagement différents pour des situations de travail différentes, selon la chercheuse Gall. Le bureau unique a fait son temps. Il faut également trouver des solutions spatiales pour les différents moments de la journée et la constitution fluctuante des collaborateurs.

Cela vaut d’ailleurs aussi pour Auer Weber. “Nous avons besoin d’espaces dans lesquels nos collaborateurs peuvent s’épanouir”, explique Philipp Auer. Mais cela ne signifie pas des bureaux amusants à la Google. C’est vrai, dit Gall en regardant autour de lui, les locaux sont clairement ceux d’un bureau d’architectes : structurés, ordonnés, propres.

Philipp Auer tient à ce qu’il n’y ait pas de hiérarchie visible dans l’espace. Lui-même est quasiment assis au milieu. Le bâtiment, une ancienne usine d’enveloppes, est fortement animé par ses utilisateurs. L’accès se fait horizontalement. L’éclairage n’est assuré que d’un seul côté, c’est pourquoi il y a des places A et des places B. Un déficit important : le manque de place. Le bureau s’agrandit, en effet. Et cela peut ponctuellement créer un sentiment d’étroitesse, d’autant plus qu’Auer a expliqué que la stratégie de réseau suivie par de nombreux grands bureaux d’architectes avec de nombreux petits sites ne convenait pas à Auer Weber.

Une conclusion de la soirée : la culture et le monde du travail sont directement liés. C’est également la thèse de base de toute l’initiative de recherche de Steelcase. Catherine Gall, qui a étudié le design et les sciences sociales, dirige depuis Paris le “Workspace Futures Lab”. Son équipe internationale comprend 15 collaborateurs, des psychologues, des sociologues et des informaticiens font partie de ce groupe. Les chercheurs spatiaux se penchent sur des questions radicalement variées : Comment fonctionne notre cerveau ? Comment les individus se déplacent-ils dans l’espace ? Dans quelle direction évolueront nos espaces de travail à l’avenir ? De quelle architecture l’entreprise du 21e siècle a-t-elle besoin ? Ils organisent des ateliers avec des experts tels que des neuroscientifiques et élaborent ensemble des solutions sur la manière dont les espaces peuvent augmenter la concentration et la créativité des utilisateurs.

Certaines d’entre elles seront discutées lors de la prochaine session de “Baumeister nach 8”, alors dans le bureau de Volker Staab à Berlin.

Scroll to Top