Bonnes approches, manque de conscience de la pertinence
Presque partout, c’est la même chanson : les villes se densifient et les espaces libres et verts diminuent. C’est également le cas à Zurich. Au Forum de l’architecture de Zurich, des experts en architecture, en développement urbain, en santé et en écologie se sont penchés sur le sujet. Stefan Kurath, participant au débat et architecte, en parle ici.
La lumière du jour et la verdure ont un effet positif sur la santé de l’homme. Ils permettent de lutter contre la dépression et la fatigue et assurent un rythme diurne et nocturne équilibré. Selon la neurologue Katharina Wulff, spécialiste de la lumière du jour, et Christoph Kueffer, spécialiste de l’écologie urbaine, la qualité de séjour de l’espace libre et les points de contact avec la flore et la faune sont essentiels. Le problème : nos villes se densifient et il reste de moins en moins de place pour les espaces libres et les espaces verts. C’est également le cas à Zurich. Le plan directeur de la ville prévoit une augmentation de la population de 25 pour cent d’ici 2040 – de 400 000 habitants aujourd’hui à plus de 500 000.
Que signifient ces faits pour la qualité de vie et la santé des Zurichois ? En mars dernier, des experts en architecture, en développement urbain, en santé et en écologie en ont discuté au Forum d’architecture de Zurich : Anne Schindler, directrice de l’Office du développement urbain de Zurich, Ines Tijera von Holzen, réseau d’étudiants Sustainability Week Switzerland et la journaliste spécialisée en architecture Judit Solt et moi-même, architecte. Nous avons parlé des possibilités de réaliser des espaces libres et naturels de qualité en ville.
Il s’est avéré qu’il existe déjà de bonnes approches et des mécanismes d’incitation dans les offices de planification et leurs plans directeurs pour réagir à la crise climatique, promouvoir la biodiversité dans les espaces urbains et renforcer l’espace public. Mais les investisseurs, les propriétaires fonciers et la population ne sont pas suffisamment conscients de la nécessité de les mettre en œuvre. Lors des processus d’évaluation, les intérêts individuels, par exemple le peu d’entretien, les faibles coûts ainsi que l’accent mis sur les avantages personnels, restent au premier plan. Le plus grand défi de l’urbanisme sera donc de surmonter cette barrière. Les dynamiques de la société civile, telles que les grèves climatiques, peuvent exercer une pression sur la société à cet égard.
Adaptation nécessaire des cadres réglementaires
En attendant, les villes doivent mettre les bouchées doubles pour adapter leurs documents de planification et leurs lois de manière à ce que l’espace public soit sécurisé, que les mesures de revalorisation pour l’homme, la faune et la flore soient faciles à mettre en œuvre, même après coup, et que les documents réglementaires soient orientés vers un développement interne. Pour ce faire, il est urgent de disposer d’experts qui ont la volonté et la capacité de travailler ensemble dans le but de développer des paysages urbains plus riches et donc viables : des espaces urbains accessibles au public et agréables à vivre, avec une grande qualité de séjour, une part importante de verdure et suffisamment d’air frais. C’est ainsi que l’on peut réussir à attirer les habitants de la ville dans les espaces ouverts pour y faire le plein de lumière, d’air et de soleil.
Stefan Kurath est un architecte et urbaniste suisse. Il vit et travaille à Zurich et dans les Grisons.

