Les arrêts de construction se multiplient à Munich. Cela pourrait être dû à la règle selon laquelle les investisseurs doivent également construire des logements à loyer modéré, ce qui constitue souvent un défi.
Les nouveaux projets de construction à Munich doivent comporter au moins 60 pour cent de logements bon marché. On ne sait toutefois pas si c'est la raison de l'arrêt de la construction. Photo : Unsplash
Le logement abordable est mis en veilleuse
À Munich, comme dans de nombreuses autres villes, les nouveaux quartiers doivent contenir un certain nombre de logements à loyer modéré. Or, ces derniers temps, il semble que cela entraîne de plus en plus souvent un arrêt de la construction. En effet, les promoteurs immobiliers qui connaissent des difficultés financières ne peuvent souvent pas se permettre de construire des logements moins chers. Ils optent donc plutôt pour l’arrêt de la construction. La question se pose désormais de savoir si la ville de Munich va assouplir les directives relatives aux nouvelles zones de construction en réponse à cette évolution.
Au total, ce sont souvent 60 % des surfaces qui doivent être mises à disposition pour des logements bon marché lors de nouvelles constructions à Munich. Les arrêts de construction, comme par exemple pour le nouveau quartier à côté de l’ancienne caserne Bayern, réalisés par l’entreprise de construction Sedlmayr GmbH, font se poser la question de savoir si ce pourcentage est trop élevé. L’entreprise de construction a annoncé qu’elle ne terminerait dans un premier temps que les 250 logements déjà en construction. Les 813 logements restants seront d’abord mis en attente. Et d’autres groupes préfèrent eux aussi miser sur un arrêt de la construction à Munich en 2023, comme par exemple sur l’ancien Karstadt au Nordbad.
Utilisation sociale du sol à Munich
Une question du FDP au conseil municipal de Munich a déclenché des discussions sur ce que l’utilisation sociale équitable du sol (Sobon) pourrait avoir à voir avec cela. Le Sobon est un instrument important qui existe déjà à Munich depuis 1994. Il stipule que les promoteurs doivent créer des logements à bas prix dans les nouveaux lotissements ainsi que des infrastructures telles que des crèches, des parcs et des routes.
En 2021, la coalition rouge-verte a renforcé les règles de la Sobon. Elle stipule désormais que 60 pour cent de logements subventionnés à prix fixe doivent être construits sur des terrains privés. 20 pour cent de logements locatifs financés librement et 20 pour cent de logements en propriété sont autorisés, la durée d’engagement étant de 40 ans. Les promoteurs doivent en outre participer aux frais d’infrastructure du nouveau quartier à hauteur de 175 euros par mètre carré de surface de plancher.
Certaines parties imputent le gel de la construction à Munich aux règles strictes de Sobon et souhaitent le retour de variantes antérieures d’utilisation du sol. Toutefois, les arrêts de construction ne peuvent pas être simplement reportés sur la Sobon 2021 : le promoteur de la Bayernkaserne, par exemple, est encore soumis à d’anciennes règles.
Comprendre la raison de l'arrêt des travaux
Selon le chef du SPD munichois Christian Müller, l’objectif premier de la ville de Munich est de proposer des logements abordables. Il a indiqué que 20.000 personnes s’étaient déjà inscrites auprès de l’Office du logement pour obtenir un logement subventionné à Munich. Les logements abordables sont rares dans la capitale bavaroise et les loyers augmentent rapidement.
Le conseil municipal continue de débattre de la meilleure façon de gérer la tendance à l’arrêt de la construction. L’une des possibilités est d’assouplir les règles de la Sobon. Mais il y a aussi d’autres explications pour les chantiers en pause. Dans le cas de la Bayernkaserne, par exemple, l’investisseur souhaite économiser de l’argent et étudie actuellement les moyens d’y parvenir.
Le logement abordable dans les grandes villes est depuis des années un thème central du débat architectural : Berlin, Hambourg et Munich travaillent désormais ensemble à une initiative visant à renforcer le droit de préemption des communes.
