Nous sommes à la veille d’un tournant radical dans la culture de notre production d’espace. Telle est la thèse de l’édition de cette année de Garten + Landschaft, organisée par un commissaire invité. Cette édition particulière a été conçue par le bureau d’architecture paysagère berlinois SINAI. Le bureau tenait à thématiser les champs de tension qui marquent actuellement l’architecture paysagère et sur lesquels SINAI souhaiterait voir s’engager un débat plus approfondi. Ce numéro est un plaidoyer pour des ambivalences bien vécues.
Allons droit au but. La particularité de ce G+L, dont le commissaire est le merveilleux bureau berlinois SINAI ? En le lisant, on a l’impression d’être assis à la table de SINAI, de faire partie des discussions publiées ici et de vouloir participer au débat. En effet, la plupart d’entre vous, chers lecteurs, connaissent les défis, les frustrations et les espoirs de la planification au quotidien.
Le changement climatique – trop lent et silencieux ?
La guerre en Ukraine, la crise énergétique, le virage à droite croissant de la politique européenne – ces dernières semaines et ces derniers mois, nous avons reçu quelques nouvelles consternantes. Mais le fait que l’Europe ait connu en 2022 l’été le plus chaud depuis le début des relevés météorologiques ne semble pas avoir trouvé de place sur les sites d’information. Le changement climatique semble trop lent et trop silencieux. Les conséquences de la crise climatique semblent trop peu spectaculaires en comparaison. Aussi triste et factuellement faux que cela puisse être. Car elles nous concernent tous les jours dans notre profession.
Discussion en cinq dialogues
Nous considérons que l’édition de cette année de SINAI, organisée par des invités, est d’autant plus importante. Après Topotek 1 (2020) et bauchplan ).( (2021), le bureau berlinois sera l’invité de G+L en 2022. En cinq dialogues, SINAI discute avant tout du changement climatique et des modifications qu’il entraîne pour la profession d’architecte paysagiste. Nous connaissons tous le blabla général à ce sujet, nous l’avons tous déjà lu plusieurs fois, nous ne pouvons plus le voir.
C’est pourquoi le SINAI se moque des déclarations du dimanche et cherche à savoir ce qui préoccupe vraiment la profession, tant sur le plan pratique que théorique.
Avec qui s’assoit-on donc à la table ? Carlo W. Becker (bgmr) et Nils Buschmann (ROBERTNEUNTM) sont notamment de la partie. Ils discutent de l’avenir de la ville, des dépressions d’infiltration et de l’idylle de Bullerbü. Mais à partir de la page 30, Franz Reschke (FRL) et Steffan Robel (A24 Landschaft) plaident également pour une approche progressive du changement climatique, basée sur la culture architecturale. Une revendication que défend également Sophie Holz (SINAI) dans son éditorial “La beauté sauvera le monde”.
Dialogue et réflexion
Le numéro reflète de bout en bout le bureau berlinois. Pour SINAI, le dialogue et la réflexion commune font partie de l’identité. C’est d’ailleurs ce que signifie le nom du bureau SINAI : un paysage de la pensée en mouvement, le nomadisme dans la conception. SINAI s’engage toujours sur de nouveaux chemins et remet en question ce qui a été fait. Que retiendra donc le bureau de son travail sur ce numéro ? Nous y consacrerons une autre interview. En attendant, bonne découverte de ce numéro.
Le G+L 11/22, organisé par Sinai, est disponible dans notre boutique.
Notre numéro consacré à la planification de l’éclairage est paru en octobre. Dans celui-ci, nous nous penchons sur les concepts d’éclairage d’une sélection de grands projets européens. Pour en savoir plus, cliquez ici.

