26.08.2025

Public

Clarification de l’atmosphère, concentration de la création

La crypte Saint-Guy après la rénovation.


Vacuité et concentration

Si, d’un point de vue pessimiste, la modernité a contribué à la perte de certaines caractéristiques et, d’un point de vue optimiste, à la libération de ces mêmes caractéristiques, les édifices religieux sont particulièrement emblématiques de cette évolution. L’inexplicable, le magique et parfois le sacré de la vie traditionnelle ont été déconstruits au cours de cette évolution pour devenir des variables explicables du cosmos moderne des machines. Les brèches que le divin a laissées dans le monde après son désenchantement nous sont restées sous la forme d’espaces sacrés.

Il faut un soin particulier pour intervenir de manière judicieuse et porteuse de sens dans l’équilibre architectural entre hier, aujourd’hui et demain. C’est le cas de la crypte de Saint-Guy, située sous le chœur de l’église paroissiale médiévale Saint-Jodok à Landshut. La crypte, qui date du 14e siècle, était jusqu’à présent utilisée de diverses manières, notamment pour des messes, des baptêmes et des concerts. Une rénovation de l’espace était toutefois devenue urgente.

Le bureau d’architectes munichois Heim Kuntscher a été chargé de repenser la qualité spatiale et la diversité fonctionnelle de cette crypte. Ils ont choisi le vide et la concentration comme moyens d’aménagement. Presque tout s’éloigne de la voûte ouverte et se blottit contre les murs extérieurs. Près de l’entrée, la figure du saint patron, Saint-Guy, est placée sur un socle. D’autres éléments convexes ordonnent l’espace et transposent sa géométrie historique dans le présent. Le mobilier, composé de chaises légères et pliables, peut être placé là où il est nécessaire.

C’est pourquoi ce lieu sacré ne se révèle aux visiteurs qu’après avoir répondu à une question : que veut-on exactement faire ici ? La clé pour comprendre cet espace largement vide est en effet le mouvement, à l’instar d’une procession à laquelle chacun peut participer. Il y a cependant un ancrage fixe et immobile – l’autel placé au centre. La lumière artificielle qui le surmonte fait écho à une ancienne ouverture entre la crypte et le chœur de l’église, comme sauvée de l’oubli et chargée d’une nouvelle signification.


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Devant les murs blancs et sobres, cette statue de saint apporte une touche de couleur.

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Le bâton de la croix est éclairé par un disque d’albâtre.

Un lien paisible

Le bâton de la croix, orienté vers l’est, constitue un point fort particulier de la crypte. En dialogue avec l’autel, il ne montre pas seulement aux visiteurs la complexité spatiale des lieux sacrés. C’est aussi l’élégance sobre du design qui confère à cette complexité une cohérence spatiale et atmosphérique, un sens architectural. Dans le contexte des débats politiques actuels sur l’utilisation de la croix comme symbole culturel profane à valeur politique, Heim Kuntscher démontre ici un brillant tour de passe-passe : la croix ne représente pas tant un assemblage d’éléments séparés. Il s’agit plutôt d’un artefact continu, d’une barre d’acier qui dessine sans interruption une forme de croix dans l’espace. Grâce à ses propriétés sculpturales, cette croix gagne ainsi en rayonnement spirituel – un lien paisible sur lequel se focalise l’espace sacré.

Derrière la croix et devant la fenêtre du bâtiment existant se trouve une vitre en albâtre, évidée en forme de cercle au dos. Elle fait briller la croix devant une sphère de lumière. Ici, à l’est géographique de l’espace, la lumière prend présence avant d’apparaître à nouveau au zénith spatial au-dessus de l’autel, fidèle à la dimension cosmique du sacré.

Dans la crypte Saint-Guy de Landshut, les architectes Heim Kuntscher démontrent avec une grande précision architecturale et une atmosphère impressionnante la qualité que peut déployer la rénovation d’un bâtiment sacré. Derrière ce projet se cache une lutte pour la transparence qui contribue à la clarification de l’espace. La cohérence de l’aménagement a permis de créer un équilibre qui fait osciller l’espace sacré entre l’ici-bas figuratif et ce qui échappe à notre capacité conceptuelle séculière. La substance historique est mise en vibration comme une caisse de résonance afin de stimuler les utilisations communautaires actuelles. De tels espaces sacrés, qui réconcilient et n’excluent pas, qui peuvent être utilisés de diverses manières, on les visite volontiers en tant qu’homme moderne avec des racines traditionnelles.

Nous décrivons également la rénovation de la crypte Saint-Guy dans l’église Saint-Josse de Landshut dans notre numéro d’août consacré à la protection du patrimoine – en vente à partir du 25 juillet.

Toutes les photos : Achim Bunz, Munich.

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