04.11.2025

Projet

Changement de paradigme post-industriel

des enfants s'ébattent aujourd'hui sur une aire de jeux pleine d'aventures. Photo : Thomas Berns

Le parc paysager Duisburg-Nord fait partie des projets les plus cités de l’histoire récente de l’architecture paysagère, car le projet de Latz + Partner marque le changement de paradigme vers un paysage post-industriel grâce à son approche innovante de l’usine de hauts-fourneaux de Duisburg-Meiderich, fermée en 1985. Le parc était l’un des projets phares de l’exposition internationale de construction Emscher Park 1989-1999 et fait aujourd’hui partie intégrante du parc paysager de l’Emscher.

Le projet est issu d’un concours coopératif. Les contributions des trois équipes allemandes et des deux équipes internationales mettent en lumière le discours créatif et culturel sur la relation entre l’industrie et le paysage à la fin du 20e siècle. Les deux autres équipes allemandes, Brandenfels et Boyer, ont vu dans les anciens objets industriels l’incarnation de l’opposition entre nature et industrie, mais ont attribué la victoire aux points à la nature avec le déclin de l’industrie minière. En revanche, l’équipe Cass (Angleterre) a attribué à l’installation une valeur plutôt symbolique (à savoir le témoignage d’un “mauvais” passé que le “bon” progrès a surmonté), et l’équipe Lassus (France) a mis l’accent sur l’héroïsation de la force créatrice humaine. Pour l’équipe Latz, cependant, le changement structurel économique a créé une nouvelle relation entre le paysage et l’industrie : il n’y a plus d’adversaires, mais le paysage intègre des éléments clés de l’industrie (ancienne). L’équipe a écrit dans les explications du concours : “Les hauts fourneaux restants de Meiderich ont changé de rythme : D’un rythme fort et rapide entre la mise en place et la coulée, on passe à un rythme beaucoup plus lent de corrosion, de détérioration et d’envahissement. Ce sont d’étranges lieux de calme et de sérénité. On peut s’en approcher, voire les toucher, les escalader”.

Analyse des structures

Ce qui est particulièrement remarquable dans cette approche des vestiges industriels, c’est que Peter Latz n’avait pas pour objectif premier de concevoir de nouvelles images paysagères et de les transposer sur le site. L’approche était plutôt marquée par son interprétation personnelle du structuralisme. Les structures industrielles existantes ont été analysées et superposées à de nouvelles structures paysagères. De nouvelles significations ont ainsi vu le jour. À Duisbourg, la ruine industrielle est ce qui est devenu, et les zones aménagées par les plantes apparaissent comme ce qui a été fait. L’ascension du haut fourneau devient une expérience paysagère, la Piazza Metallica est façonnée par les forces primitives du feu et du fer, les anciens bunkers de minerai deviennent des jardins romantiques avec des haies de buis et des hortensias enjoués. Le concepteur n’invente pas de nouvelles significations que le visiteur du parc devrait reconnaître pour comprendre le parc – au contraire, le visiteur dispose d’un espace libre pour sa propre expérience. Cela rend le parc ouvert au changement, à une relation dynamique entre ce qui est devenu et ce qui a été conçu.

Vous trouverez l’article complet dans Garten + Landschaft 9/2015. Commandez le magazine ici.

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