Vendredi après-midi, temps chaud de fin d’été, le soleil brille directement sur les immenses marches aux bords arrondis. L’endroit fourmille de gens qui flânent sur les berges. Jusqu’à 10 000 personnes peuvent prendre place en même temps sur les marches.
Cet escalier sur la rive, qui fait partie du futur boulevard rhénan de Cologne, est en béton apparent acidifié d’une clarté éclatante. La surface rugueuse des quelque 2 500 éléments préfabriqués en béton, pesant chacun deux à trois tonnes, ressemble presque à de la pierre naturelle. Sur les escaliers, on peut s’allonger confortablement, s’asseoir et surtout regarder : la cathédrale, le Rhin et la vieille ville. Aucun autre endroit de la ville ne permet à Cologne de montrer son côté moderne et historique de manière aussi impressionnante. C’est particulièrement beau au soleil couchant, qui réchauffe le béton. À cette heure de la journée, il brille sur la rive droite du Rhin, alors qu’en face, la vieille ville est déjà largement dans l’ombre.
Avec ce gigantesque escalier – 500 mètres de long, 6 mètres de dénivelé, des marches de 45 centimètres de haut et 90 centimètres de profondeur – Cologne revendique une fois de plus son statut d’ancien enfant terrible de la ville. Autrefois marquée par l’industrie, la rive droite du Rhin est encore aujourd’hui trop souvent appelée “schäl Sick” (mauvais/faux côté). Mais le nouveau raccordement au centre-ville fonctionne : Les gens acceptent le nouveau morceau de ville inauguré le 13 juillet – un pas de plus vers l’identification avec ce côté jusqu’ici moins apprécié. Et ce, même si tout n’est pas encore terminé. Sur la surface de crête de l’escalier, les travaux de construction d’un grand boulevard et de la liaison architecturale avec la ville voisine sont encore en cours. Une bande semblable à un parc avec un chemin de cinq mètres de large en dalles de béton de grand format – pour les piétons comme pour les cyclistes – y est en train de voir le jour. Des groupes d’arbres composés de ficelles japonaises structureront la pelouse et la bande du boulevard. De petites places pavées en pierre naturelle accueilleront ensuite les chemins existants du quartier et les conduiront vers le nouveau boulevard. Un étroit chemin panoramique sera également construit sous le grand mur anti-inondation.
Les visiteurs auront la meilleure vue depuis trois bastions intégrés dans les escaliers à partir de l’hiver 2015 ou du printemps 2016 : cette phase de construction devrait être terminée d’ici là.
Données du projet Rheinboulevard à Cologne
Client : Ville de Cologne, Service de l’entretien des paysages et des espaces verts
Architectes paysagistes : Planorama Landschaftsarchitektur, Berlin
Concours de réalisation coopératif en deux phases 2007, 1er prix
Surface : 10 hectares au total, 2 hectares dans la 1ère phase de réalisation entre le pont Hohenzollern et le pont Deutzer
Coût : 24 millions d’euros (1ère phase de réalisation)
photos : Hanns Joosten
Plus dans Garten + Landschaft 10/2015 – Espace libre au bord de l’eau. Vers l’aperçu du magazine
