Conformément à l’accord de coalition actuel, le gouvernement fédéral s’efforce d’amender le code de la construction (BauGB). Dans ce contexte, l’ancrage légal de la protection et de l’adaptation au changement climatique dans le droit de l’urbanisme est un sujet brûlant. C’est pourquoi la Fédération allemande des architectes paysagistes (bdla) fait huit recommandations concrètes au gouvernement fédéral. Pour savoir lesquelles, cliquez ici.
Le parc Martin Luther King à Francfort-sur-le-Main. Photo : Unsplash
BDLA s'engage pour une politique d'adaptation au climat
Le bdla s’occupe des bases d’une bonne politique d’adaptation au climat dans les paysages urbains. Pour ce faire, elle a formulé fin 2022 “Huit recommandations pour une prise en compte adéquate de l’adaptation climatique dans le droit de l’urbanisme”. Celles-ci doivent contribuer à la mise en place d’un cadre juridique adapté. En effet, seul un urbanisme climatiquement résilient nous permettra de faire face aux défis du changement climatique. Nous présentons ci-dessous les huit recommandations.
1. définir clairement les notions de climat dans le BAUGB
Dans le code de la construction, il convient de faire une distinction claire entre les notions de protection du climat et d’adaptation au climat, car ces concepts nécessitent des approches différentes. En outre, il est recommandé d’inclure les notions d’infrastructure verte et bleue et de gestion de l’eau comme éléments importants. Le modèle à suivre serait le triple développement interne : construction, espaces verts, mobilité. Cette approche permet d’exploiter efficacement le potentiel des espaces verts et des espaces libres grâce à une approche intégrée.
2. établir un facteur d'espace vert lié au terrain dans le code de la construction (BauNVO)
Le bdla propose d’introduire un facteur d’espace vert (GFF) dans le BauNVO. Celui-ci serait comparable à des paramètres d’urbanisme connus tels que GFZ, GRZ ou BMZ. Il permettrait de définir de manière contraignante la part des surfaces vertes, de la biodiversité et des surfaces ayant un impact sur le climat dans le plan d’aménagement communal pour chaque zone d’aménagement. La mise en œuvre de la GFF se fait à l’aide d’un catalogue de mesures prédéfinies. Ce catalogue comprend alors des aspects tels que la végétalisation des toits et des façades ou l’infiltration. L’introduction d’une GFF aurait en outre l’avantage d’ancrer un niveau minimum de végétalisation et de services écosystémiques. Cela permettrait d’atteindre une norme écologique clairement définie. Ces indices contraignants serviraient en particulier les petites communes avec leur argumentation.
3. introduire des valeurs d'orientation pour l'infrastructure verte et bleue et l'adaptation climatique naturelle dans le droit de la construction
Le code de la construction vise une mise à disposition adéquate d’espaces verts et d’espaces libres. Mais pour quantifier cela, il faut des valeurs d’orientation contraignantes comme lignes directrices. Les valeurs d’orientation aident à promouvoir l’amélioration des espaces verts urbains de manière contraignante. Elles pourraient par exemple être mentionnées en tant que directives “théoriques” dans une annexe au code de la construction. De plus, l’attribution de subventions devrait être liée au respect de ces valeurs d’orientation.
4. établir des concepts de développement intégré des espaces libres dans le code de la construction
Un développement urbain résilient nécessite des plans de développement de l’infrastructure verte et bleue à différents niveaux d’échelle. De tels concepts intégrés de développement des espaces libres constituent une stratégie globale optimale pour réunir de manière intégrée différentes exigences en matière d’espaces libres. Des exemples seraient les concepts d’adaptation au climat et de villes-éponges ou les programmes de santé communaux.
5. normaliser l'interdiction de détérioration et renforcer l'obligation de désimperméabilisation
L’urbanisme ne doit pas créer de détérioration de la situation climatique et de l’approvisionnement en espaces libres. Par conséquent, les interventions qui affectent l’approvisionnement et l’accessibilité des espaces ouverts ainsi que leurs structures doivent être évitées ou compensées sur place. Une interdiction de détérioration concernant la qualité des espaces libres urbains et le climat urbain devrait donc être ancrée de manière normative dans les plans d’urbanisme. Parallèlement, il faudrait préciser une obligation de désimperméabilisation dans le code de la construction et la simplifier en fonction de la pratique.
6) Compensation urbaine par compensation plutôt que par paiement
Le bdla attend du gouvernement fédéral qu’il optimise la réglementation des interventions dans le droit de la construction en faveur de l’adaptation au climat. Pour cela, il faut préciser la compensation en droit de la construction dans le code de la construction. Il faut une obligation de fait de compensation positive pour le climat dans la planification urbaine. En conséquence, il faudrait réglementer la séquence évitement – compensation – argent de remplacement dans le droit de la construction. Un déficit de compensation inévitable doit donc être réduit par un argent de remplacement normalisé par le droit de la construction pour financer des mesures (d’adaptation au climat) de remplacement concrètes.
7. plan d'aménagement des espaces libres dans le cadre d'un nouveau règlement de reconstruction
Le gouvernement fédéral devrait ancrer la normalisation du plan d’aménagement des espaces libres (PAE) dans le droit de la construction, notamment en ce qui concerne la réforme du droit de la construction. A cet égard, il faudrait surtout compléter le règlement type de construction. Car le FGP, dans sa fonction de regroupement, assure un développement de qualité des espaces libres et une plus-value liée au climat.
8. compléter la législation sur la réhabilitation et établir des zones de réhabilitation climatique
Le bdla considère qu’il est nécessaire de préciser le droit de réhabilitation urbaine pour un approvisionnement suffisant en espaces verts et des mesures climatiques et de le développer dans le code de la construction. Par exemple, l’idée de zones de réhabilitation climatique devrait être poursuivie.
