Une petite rétrospective des travaux effectués dans et sur la cathédrale de Cologne. Car pour préserver le célèbre symbole de la ville pour la postérité, des mesures de restauration et de conservation durables sont nécessaires. Une centaine de collaborateurs de l’atelier de construction de la cathédrale de Cologne y travaillent.
pour pouvoir détecter les endroits endommagés, même dans les zones inaccessibles du dôme. Photo : Still Northdocks
Spectaculaire : la dépose de l'échafaudage suspendu de la tour nord de la cathédrale de Cologne
D’une part, à l’intérieur de la cathédrale, le sol en grès d’Obernkirchen, qui a retrouvé sa couleur ocre, attire particulièrement l’attention et dégage une atmosphère de luminosité. En raison de la faible fréquentation due à la pandémie de Covid 19, les mesures de nettoyage et de conservation du sol historique en mosaïque dans le chœur de la cathédrale et des sols en pierre naturelle dans les chapelles du chœur, difficiles à mettre en œuvre, ont pu être réalisées dans les règles de l’art. Mais le sol en pierre naturelle grise de la nef et du transept, devenu “sale” au fil des décennies, a également fait l’objet d’un nettoyage en profondeur grâce au soutien du sponsoring culturel de Kärcher (pour en savoir plus sur l’engagement de Kärcher dans la cathédrale de Cologne, consultez RESTAURO 8/2021). On remarque également la conservation prudente du chœur de la cathédrale et du pilier oriental de la tour nord des zones de trachyte médiévales.
Le démontage de l’échafaudage suspendu de la tour nord par une grue lourde au début du mois d’octobre 2021 a été un événement spectaculaire qui a attiré l’attention du public. Après dix ans, la vue sur les deux tours de la cathédrale est ainsi à nouveau dégagée. Les autres chantiers prioritaires de cette année 2021 étaient en outre le portail Saint-Michel, la façade du transept sud et le contrefort du côté sud de la cathédrale, ainsi que la restauration des fenêtres de l’étage supérieur du chœur et la reconstruction partielle des fenêtres du cycle dit “Welter”. Le travail des années précédentes a été poursuivi ici avec un grand souci du détail. “Quand la cathédrale de Cologne est terminée, le monde s’arrête”, dit un vieux proverbe de Cologne”, explique l’architecte et conservateur des monuments allemands Peter Füssenich, maître d’œuvre de la cathédrale de Cologne depuis 2016. “En fait, on ne voit jamais la cathédrale sans échafaudages. C’est une bonne chose, car voir la cathédrale sans échafaudage signifierait que l’édifice est laissé à l’abandon. Mais c’est la Kölner Dombauhütte et tous ceux qui soutiennent la construction de la cathédrale par le biais de l’association Zentral-Dombau-Verein qui veillent depuis toujours à ce que le patrimoine culturel mondial de la cathédrale de Cologne soit préservé pour les générations futures”.
Pour voir le démontage de l’échafaudage de la tour nord, cliquez ici :
Numérisation des processus de travail à la Dombauhütte
La numérisation des processus de travail au sein de l’atelier de construction de la cathédrale a pris une importance croissante, notamment en raison de la pandémie qui a servi de catalyseur, si l’on pense par exemple à la planification et à la préfabrication de pièces, à la création de modèles de sculpture, à la cartographie des dommages et des mesures ou au suivi de la construction. Dans le jumeau numérique de la cathédrale de Cologne en 3D, on pourra continuer à suivre les résultats de la Bauhütte l’année prochaine, avec ou sans Covid 19. Une équipe de spécialistes de Northdocks, basée à Monheim am Rhein en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a saisi la cathédrale de Cologne à l’aide d’un drone spécial pour réaliser une visualisation 3D fidèle à la réalité. Les images doivent ensuite aider les collaborateurs de la Domhauhütte à mieux surveiller les zones difficiles d’accès de la cathédrale et à détecter les dommages à temps. “Le vol d’essai nous a déjà permis d’observer un coin de la tour nord que nous voulions de toute façon équiper”, explique Michael Jürkel, technicien de la pierre à la Fabrique de la cathédrale. “Maintenant, nous pouvons mieux planifier, les dégâts ne sont pas non plus aussi graves qu’on le pensait”.
Le maître d’œuvre de la cathédrale, Peter Füssenich, a commandé le jumeau numérique de la cathédrale :
Depuis décembre 2020, le Bauhüttenwesen, et donc aussi la Dombauhütte, est inscrit au registre des bonnes pratiques de conservation du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Pour en savoir plus , cliquez ici.
Dès les années 1980, le restaurateur Georg Maul a documenté à Cologne des résultats concernant la polychromie de l’encadrement médiéval de la cathédrale de Cologne. C’est sur ces recherches que s’appuie un mémoire de fin d’études de Dietmar Krauthäuser, non publié jusqu’à présent, présenté sous le titre “Die mittelalterliche Architekturpolychromie des Kölner Domchores” (La polychromie architecturale médiévale du chœur de la cathédrale de Cologne) à l’Institut des sciences de la restauration et de la conservation de l’université de Cologne, dans le cadre des études sur les peintures murales et les objets en pierre. Lire la suite ici.
